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 Inconscience, danger et sauvetage dans les marécages [PV Númendil Daïrïun]

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Kliériane Narildiëen

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MessageSujet: Inconscience, danger et sauvetage dans les marécages [PV Númendil Daïrïun]   Jeu 30 Déc - 15:11

Il faisait froid ce matin là, Kliériane avait encore erré à travers l'île toute la nuit sans trouver le sommeil. La jeune fille était quelque peu préoccupée ces derniers temps et le fait que sa recherche acharnée des humains restait vaine n'améliorait pas la chose. L'idée de retourner sur l’île des elfes lui passait de plus en plus par l'esprit au fur et à mesure que la solitude s'emparait d'elle. Elle avait bien fait quelques rencontres mais toujours passagère et la présence de quelqu'un avec qui elle aurait pu ne serait-ce que parler lui manquait. Le silence était maître autour d'elle et durant cette nuit froide elle n'avait pas croisé le moindre animal. A force d'avancer sans but réel, l'elfe s'était égarée. La végétation se faisait moins dense et une humidité reniait dans l'air ce qui lui faisait penser qu'elle s'approchait du rivage, même si l'absence du bruit des vagues lui laissait quelques doutes. Cependant, malgré ses appréhension, la jeune aventurière continuait à avancer à travers la froide nuit. Elle avait marché comme cela jusqu'à l'aube et alors que les premier rayons de clarté pointaient à l'horizon, les températures s'abaissaient encore. Kliériane referma sa cape avant de continuer sa progression, le visage fermé.
Les minutes s'écoulaient, les unes après les autres sans que rien ne change. Le paysage devenait de plus en plus clair mais le silence était toujours aussi pesant et le froid toujours aussi transperçant. Le sol craquait presque silencieusement sous les pas de l'elfe frêle et les feuilles des végétaux étaient couvertes d'une fine pellicule de givre blanc. La nature semblait endormie alors que la veille les températures étaient presque caniculaires. C'était ceci la magie de l'île de Révia, un climat instable, une terre mystérieuse même pour ses habitants et un dépaysement presque total...
Le sol craquait de plus en plus sous les pieds de Kliériane mais quelques peu perdue dans ses souvenirs heureux près de sa famille elle n'y prêtait pas attention. Si elle avait regardé, elle se serait rendue compte que les arbres étaient vraiment de plus en plus rares et que le chemin qu'elle empruntait n'était plus qu'un tapis de boue gelée par le froid. La jeune fille avançait vers les marais du Gorthad mais elle l'ignorait encore car sinon elle aurait rebroussé chemin sans plus attendre. En effet, ces marais était fort bien connus des habitants de l'île et cette réputation était due à leur grande dangerosité. Plus dune personne s'était retrouvé en perdition dans cette lande marécageuse. Les sables mouvant avaient raison tous les ans de plusieurs aventuriers trop téméraires ou bien imprudents. Si elle n'y prenait garde la jeune elfe risquait fort de devenir la prochaine victime de ces terres de mort. Mais pour le moment, les esprits de la jeune filles étaient loin de là.

Elle se revoyait assise autour d'une table dans la maison familiale, devant de bons mets préparés avec amour par sa mère et entourée de nombreux voisins venus fêter une chose dont elle ne se souvenait plus. La nostalgie s'emparait de plus en plus d'elle et des regrets quant à son départ faisaient leur apparition. Elle s'échinait à les rejeter loin d'elle car les regrets sont une prison où les souvenirs rendent la détention plus amère mais ils revenaient insatiablement. Elle se demandait si son départ n'avait été trop précipité et elle revivait ses adieux avec ses parents. Elle se questionnait quant au fait de voyager seule et cette image de fête où elle était entourée de tellement de monde se rappelait à son souvenir.

C'est ainsi que Kliériane fit le pas de trop. Jusque là la pellicule de boue glacée avait été assez solide pour supporter son poids mais le sol devenait de plus en plus instable à chaque pas qu'elle faisait. Tout à coup, elle glissa et se retrouva enlisée dans les sables mouvants sur lesquels elle marchait depuis quelques temps sans s'en rendre compte. Ensevelie jusqu'à la taille la jeune fille se trouvait pétrifiée de terreur. Elle voyait sa dernière heure venir et même si elle ne comptait pas profiter de l'immortalité elfique qu'elle possédait, elle ne se voyait pas mourir aussi jeune. Elle avait 18 ans et était seule dans ce marais sinistre qui serait sans doute son tombeau.
Après être restée immobile plus d'une minute, elle reprit peu à peu ses esprits, bien décidée à se battre pour vivre et pour revoir ses parents un jour. Elle ne pouvait pas supporter l'idée de les laisser se demander éternellement ce qui lui était arrivé. La première chose à laquelle elle pensa fut sa transformation. Mais à peine lui eut-elle effleuré l'esprit que l'idée lui sembla ridicule. Certes, sous sa forme minuscule elle pourrait voler, mais rien ne lui assurait qu'elle ne se transformerait pas de façon à être aussi coincée dans les sables mouvants sous cette forme, ce qui serait encore plus dangereux vu sa fragilité. Elle abandonna donc cette solution, préférant en chercher une du côté de ses pouvoirs liés à la terre. Elle essaya de bloquer le mécanisme d'enfoncement des sables et de s'extirper mais sa magie était loin d'être assez puissante pour cela et cette tentative n'eut pour seul effet que de l'affaiblir. Plus le temps passait, plus ses chances de s'en sortir s'amenuisaient...
La jeune elfe finit par faire ce qu'elle savait le mieux, c'est à dire faire pousser une liane qui pourrait s'enrouler autour de quelque chose et à laquelle elle pourrait s'accrocher pour se sortir de ce mauvais pas. Malheureusement, ses efforts passés, cumulés à la nuit sans repos, au froid et à la peur faisaient que son énergie s'épuisait à vue d'oeil. La liane n'était pas assez longue pour parvenir à s'accrocher correctement à quelque chose de solide et Kliériane était trop faible pour faire plus que ce retenir à cette dernière. Dans un dernier recours, elle n'avait plus qu'une seule solution qui s'offrait à elle.
C'est donc terrifiée et congelée que Kliériane se mit à appeler au secours. Elle espérait sincèrement que quelqu'un entendrait son appel et viendrait la secourir car elle était consciente que c'était sa dernière chance de s'en sortir. Elle criait aussi fort que sa faiblesse le lui permettait. C'était la seule solution mais c'était aussi une solution dangereuse... En effet, si quelqu'un entendait cet appel, rien n'assurait que cette personne soit emplie de bonnes intentions... L'elfe savait que cette île était peuplée d'êtres dangereux tels que les vampires qui pourraient la sauver dans le seul but d'en faire leur repas par la suite... Cependant elle n'avait pas le choix.
Ensevelie dans les sables froids et mouillés, elle attendait désormais son salut ou la mort...

****************






Dernière édition par Kliériane Narildiëen le Lun 3 Jan - 19:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Inconscience, danger et sauvetage dans les marécages [PV Númendil Daïrïun]   Jeu 30 Déc - 19:06

La journée avait débuté d'une façon des plus banales. Un train-train quotidien bien huilé, fonctionnant à la perfection. Mais, il faut l'avouer, parfois ennuyant et surtout drôlement répétitif, en particulier au gout de Númendil qui après une bonne nuit de sommeil, sortait de son engourdissement nocturne. Il était partit chasser l'espace d'une heure, car son estomac avait rapidement demandé sa pitance en le tirant d'un rêve assez agréable. Il faut dire que la veille, il n'avait guère pris le temps de se nourrir, trop préoccupé à se promener dans la foret. Il fait cela toute sa vie me direz-vous, mais la nature n'a de cesse de changer, et elle peut être différente du jour au lendemain. Pas radicalement certes, mais un bouton la veille, peut s'être transformé en une magnifique fleur le lendemain. Aussi l'un de ses passe-temps favoris est de se balader, ou plutôt errer sans but réel, sur l'ile de Révia. Bien sur, il n'avait pas que fait cela durant toute la journée.
Au petit matin, il était non loin de la plage et en avait profité pour se dégourdir les pattes sur le sable fin. Quelle n’avait pas été sa surprise d'ailleurs en voyant deux grands mats s'élever à quelques mètres de cette plage. Des créatures avaient accosté sur les rivages et vu l'absence de tout bruit hormis celui du roulis des vagues, tous devaient encore dormir. Curieux, il s'était avancé, mais pas trop, de crainte de les tirer de leur sommeil. Il reconnu immédiatement leur race en voyant leur ressemblances aux elfes tout en étant moins gracieux que ces derniers. Leurs oreilles aux bouts arrondis lui confirma son impression. Il s'agissait d'humains. Comment étaient-ils arrivés ici ?? Il n'en savait rien, et préfèrait pour le moment s'éloigner d'eux le plus possible. Ce que l'on raconte sur cette peuplade n'était pas toujours positif. Il était alors retourné vers la foret, tachant d'être discret et sur ses gardes. La trouvaille d'un cadavre d'une créature peu commode mais néanmoins impressionnante le fixa sur ce qu'il devait faire. Ces êtres étaient des tueurs, et pour eux, il serait surement un ennemi. Il ne fallait pas tenter le diable en risquant sa peau de cette façon. Ainsi ce matin, après avoir été doucement réveillé par le chant de quelques oiseaux, il était reparti en chasse, ayant une petite faim. Il se contenta simplement de deux petits animaux, croisés sur la route et guère plus gros que des lapins, qui cependant possédaient une viande grasse et gouteuse qui le rassasia tout à fait. Mais la journée ne faisait que commencer et il ne savait que faire. Aller trop près de la plage était surement risqué, les Hommes oseraient peut-être s'y aventurer et il préférait ne pas les rencontrer pour le moment. On les disait brutes et sanguinaires alors autant éviter de les approcher de trop près. Ce fut donc vers les profondeurs de la foret que ses pas incertains l'emmenèrent.
Il arriva sans trop savoir comment, non loin des marais Gorthad dont la puanteur le fit enfin faire attention au chemin qu'il empruntait. Il faut dire qu'une odeur aussi nauséabonde réveillerait un mort. Il eut d'ailleurs une folle envie de rebrousser chemin tant cet infect parfum de vase et de pourriture lui importunait l'odorat. Parfois il regrettait d'avoir ce sens autant développé, bien que cela lui ait été souvent utile il faut l'avouer. Il observa un court instant les sables mouvants qui jalonnaient le sol devant lui, avant de faire demi-tour pour trouver un endroit ou l'air serait respirable. Il venait de faire quelques mètres à peine quand il cru entendre un cri qui lui semblait vaguement étrange pour appartenir à un animal sauvage. Il s'arrêta, tendit l'oreille, mais au bout de près d'une minute, le son ne s'était pas renouvelé. Il se dit qu'après tout, son imagination lui avait peut-être joué un tour de plus et qu’il n'y avait eut aucun bruit. Sauf que quand le son retentit une deuxième fois, il ne put pas dire qu'il s'agissait d'une illusion. De plus, il lui semblait avoir clairement entendu un "au secours". Visiblement, quelqu'un avait des ennuis. Et d'après ce qu'il avait entendu, la personne se trouvait dans les marais .Númendil eut un court instant d'hésitation, peu enthousiaste à l'idée de pénétrer dans ce répugnant endroit. Mais il s'était promis d'aider son prochain et revint sur ses pas pour s'enfoncer prudemment dans les marais. Il savait reconnaitre les zones de sable mouvant ce qui lui permis d'avancer vers la voix de manière rapide et efficace sans prendre pour autant de grands risques. Il faut dire que la puissance de ce corps de bête lui permettait de passer aisément des obstacles pourtant dangereux.
Pourtant ce corps avait un défaut. Sa masse. Bien plus imposante que celle d'un elfe, elle était parfois un handicape, et sur la fine couche de glace qui recouvrait les marais, ce poids n'était guère pratique. Elle explosait littéralement dès que Númendil atterrissait après un bond sur le sol. Cela était d'autant plus risqué que la glace cachait en partie la terre, ne permettant pas de détecter de façon sûre les zones de sables mouvants. Il finit néanmoins par arriver sans accident non loin de la personne en détresse dont les appels au secours l'avaient guidé le long de sa route. Cependant, il ne s’enfonça pas tête baissée en voyant ce qui l'attendait. Une jeune elfe s'était embourbée dans les marais et était désormais prise au piège, s'enfonçant lentement dans cette vase tueuse. Il n'était guère habitué à ce genre de mission, généralement, il sauvait les gens d'un troupeau en furie qui chargeait dans le désordre le plus total, ou attirait une créature dangereuse loin de sa proie. A chaque fois il disparaissait rapidement, voir même ne se montrait pas. Là, il ne pourrait pas être aussi discret. Il fallait s'approcher de la jeune elfe, l'aider à sortir de sa prison de vase et peut-être même la raccompagner en sureté loin des marais. Il faudrait donc se montrer... Cela le fit hésiter. Laisser mourir pour protéger son identité ou sauver en prenant le risque que son apparence ne provoque quelque hystérie due à la peur. Si il décidait de lui venir en aide, il devait se dépêcher, car l'elfe était déjà enfoncée jusqu'a la taille. Il écouta son instinct chevaleresque et s'avança à la vue de la demoiselle en détresse. Sans prêter la moindre attention aux émotions qui passaient sur le visage de la jeune elfe, il arriva devant elle. Il fit une tentative pour la rassurer en faisant un sourire, mais se souvenant qu'il avait des crocs un peu plus longs que la moyenne, il s'empressa de refermer sa gueule. Tant pis si elle avait peur, il la sortirait de là et elle pourrait partir en courant après. Avec une grande délicatesse que l'on ne pouvait imaginer pour une telle créature, il passa ses deux pattes autour de la taille de la jeune elfe, ne souhaitant pas l'écarteler en lui tirant sur les bras, puis commença à exercer une pression vers le haut. Au début il ne se passa rien, les sables mouvants ne semblaient pas vouloir lâcher prise et opposaient une farouche résistance. Númendil accentua la pression tout en veillant à ne pas faire mal à la demoiselle. Et alors qu'il semblait que le sable ne relâcherait jamais sa victime, le processus s'inversa et lentement l'elfe fut libérée.
Quand enfin les pieds de la jeune elfe sortirent de la vase, Númendil la porta jusqu'à la terre ferme et l'y déposa tout en douceur. Il l'observa un instant cherchant é savoir si il l'avait déjà vu auparavant, lorsqu'il était comme elle. Mais aucune elfe avec un tel regard pétillant de malice ne lui vint a l'esprit. Elle était jolie avec ses boucles brunes presque noires encadrant son fin visage, même si ses vêtements étaient désormais sales et couvert de boue marronâtre. Il eut un soupir en pensant aux jeunes filles comme elle qu'il avait blessé et dédaigné à l'époque où il était... normal. Il regrettait ses gestes mais il était trop tard. Il avait été puni pour ca, et il le méritait. Il recula de quelques pas, laissant a la demoiselle un peu d'espace libre, et surtout pour ne pas qu'elle reparte en courant vers les sables mouvants. Il eut un pauvre sourire puis, ne pouvant pas partir sans avoir rien dit, il précisa d'une voix quelque peu caverneuse bien qu'il tenta d'atténuer ceci :

-Faite attention où vous mettez les pieds la prochaine fois. Les environs sont peu recommandés pour une promenade.

Et ne voulant l'importuner plus, ou plutôt la terrifier plus, il fit demi-tour et repartit en direction de la sortie de ces marécages. Il n'avait plus aucune raison de rester ici, il avait fait sa bonne action du jour et en resterait là. Il ne pensait pas qu'elle accepterait qu'il la raccompagne jusqu'en dehors d'ici, et puis, elle avait l'air débrouillarde et assez intelligente pour s'en sortir. Alors pourquoi s'attarder davantage?

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MessageSujet: Re: Inconscience, danger et sauvetage dans les marécages [PV Númendil Daïrïun]   Sam 1 Jan - 16:18

Kliériane sentait ses dernières forces l'abandonner les unes après les autres et ses appels au secours restaient vains. Il n'y avait personne dans cette foret, personne n'ayant eut l'idée saugrenue de se promener du côté des marécages, personne de réveillé de si bon matin... Personne pour la sauver. Elle avait tout juste dix-huit ans et malgré la longévité de la vie de ceux de sa race, elle allait mourir. Elle mourrait seule, dans le froid, alors que le soleil n'était pas encore complètement levé. Elle mourrai d'épuisement ou étouffée dans les sables mortels de l'île de Révia. Jamais on ne retrouverait son corps qui reposerait dans le coeur de l'île pour toujours. Ses proches resteraient éternellement in-informés de ce qui était arrivé à la jeune fille pleine de vie et pleine de rêves.
Telles étaient les pensées de Kliériane Narildiëen alors qu'elle s'enfonçait lentement dans les froids et humides marécages qui seraient sans doute son tombeau. Elle avait cessé de crier et d'appeler au secours tant elle avait perdu espoir. Elle était certaine que sa vie se terminerait là et avait cessé de se battre. Elle allait mourir dans le calme et le silence, avec calme et en silence. C'était la seule dignité qu'elle pouvait apporter à ce moment fatidique, le visage fermé, presque serein, le regard perdu dans le vide et les yeux fixant un point lointain qui serait l'image éternellement fixée sur sa rétine. Mais un tel destin était-il irrévocable ?
Au loin des bruit de pas, enfin, ce n'était pas des pas, plutôt un espèce de galop maladroit d'un animal qui devait être fort imposant. Des bruits se dirigeant vers elle, vers la jeune fille en détresse. Mais à cet instant elle était trop sereine pour les entendre, trop éloignée de la vie, trop prête à accueillir la mort qui allait inexorablement vers elle. Et pourtant ce n'était pas son destin, pas encore son heure. Les pas venaient vers elle, c'était une chose de certaine.
En effet, quelques instants plus tard, alors que Kliériane ne s'était encore rendue compte de rien, une silhouette assez effrayante, il fallait bien l'avouer, surgit de l'orée de la foret vers les sables qui la retenait prisonnière. Lorsqu'elle leva enfin les yeux, la jeune fille pu remarquer une énorme bête sauvage. Des crocs énormes, une fourrure sombre et épaisse, un animal comme elle n'en n'avait jamais vu mais qu'elle se serait bien passé de rencontrer. Elle réfléchissait à cent à l'heure et se maudissait d'avoir appelé au secours. Maintenant qu'elle s'était résignée à mourir d'une mort calme, elle allait finir déchiquetée par les griffes effrayantes de cette créature qui se dressait devant elle. Cependant, la bestiole semblait hésiter quelque peu à se jeter sur sa nouvelle proie. Était-ce les sables mouvant qui l'inquiétait ou alors la vue de ce repas quelque peu étrange ? En tout cas, Kliériane était à nous veau paralysée par la peur et était dans l'incapacité, autant physique vu sa situation que morale, de réagir et de trouver une solution. Il ne lui restait plus qu'à espérer que le monstre rebrousse chemin, préférant louper le déjeuner que de risquer de s'enliser à son tour. Une mort douce devait être préférable à une mort violente, emplie de sang et de chairs déchiquetées. Des larmes perlaient à ses yeux, lui brouillant la vue des évènements qui se déroulèrent ensuite.
Finalement, l'animal s'approcha et fit une grimace qui semblait menaçante au vue des crocs qui remplissaient la gueule de ce dernier. L'elfe sentait sa dernière heure venir encore plus rapidement qu'elle ne l'avait penser et bien décidé à affronter cette mort, elle fixa l'animal dans les yeux. Son apparence ne trompait pas, c'était une bête sauvage mais quelque chose dans ses prunelles lui donnait une sensation d'humanité. Des yeux munis d'un reflet doré qui sont censés refléter l'âme et qui laissait paraître quelque chose d'humain. Ce pourrait-il que cette créature n'en soit pas vraiment une ? Plus les secondes passaient plus la jeune fille doutait. Les gestes de la bête semblaient réfléchis, trop réfléchis pour être ceux d'un animal assoiffé de chair fraîche mais sur Révia rien n'était impossible et elle le savait bien... Pourtant, peu à peu sa peur de mourir l'abandonnait, remplacée par de la fascination presque malsaine si on pensait à ce qu'elle pourrait lui faire pour la créature qui se tenait près d'elle. Cette dernière attrapa Kliériane par la taille, avec précaution et douceur, comme pour ne pas lui faire de mal. D'autant plus d'élément qui faisaient douter la jeune fille du caractère animal de son "sauveur". Oui, elle pouvait, quoi qu'il soit, le nommer sauveur car il venait, à force de tractions, de la tirer des sables mouvants et était en train de la porter vers la terre ferme. C'était là qu'allait être le moment de vérité. Allait-il la laisser, se contentant de la sauver comme l'aurait fait un être humain, ou allait-il la dévorer comme une bête sanguinaire ?
Tellement pressée par l'envie de connaitre la réponse à cette curieuse question, l'elfe imprudente en oubliait l'enjeu principal qui était sa vie. Cet être étrange qui l'avait sauvé l'était-il encore plus qu'il n'en avait déjà l'air ? La question raisonnait dans son esprit. Il finit par la poser délicatement à terre avant de la fixer avec insistance. Kliériane soutint ce regard sans ciller malgré son état de fatigue intense. Ses jambes tremblaient et elle était bien consciente qu'elle serait incapable de se lever et de fuir si elle se faisait attaquer à ce moment là. Mais ce regard était si profond et intrigant qu'elle oubliait presque qu'elle n'était pas définitivement sortie d'affaire et que l'animal se prêtait peut-être là à un jeu vicieux avant de la dévorer. Puis il finit par reculer encore de quelques pas, laissant plus d'espace entre lui et Kliériane. Il ne cessait de la regarder et comme une ombre de nostalgie et de regret passa dans ses yeux. Des yeux qui avaient tellement l'air humains qu'ils paraissaient étranges sur ce corps si animal. Puis tout à coup, alors que rien ne pouvait laisser pré-sentir à cela, son sauveur se mit à parler. Aussi incroyable que cela puisse paraître un animal à l'apparence si sauvage parlait le langage humain et même si elle avait remarqué que quelque chose n'était pas normal avec lui, Kliériane en fut extrêmement surprise.


- Faite attention où vous mettez les pieds la prochaine fois. Les environs sont peu recommandés pour une promenade.

Ces mots si inattendus tétanisèrent à nouveau la jeune fille. Mais la peur avait disparu à ce moment là. Certes l'apparence de son sauveur était toujours aussi repoussante mais il avait bel et bien quelque chose d'humain en lui et elle se doutait que désormais elle ne craignait plus de mourir, plus sous ses griffes et ses crocs en tout cas. Mais alors que cette découverte rappelait à la jeune fille des légendes qu'on lui racontait petite, au sujet des divinités qui se mêlaient aux êtres humains sous des apparences peu accueillantes pour juger du fond de ces derniers, son sauveur s'éloignait.
Elle voulu se lever pour le rattraper et le remercier mais comme elle l'avait remarqué peu de temps avant, elle était bien trop faible. A peine avait-elle voulu se dresser sur ses jambes que ces dernières se dérobèrent sous elle, la faisant retomber à terre. De cette place, d'où elle paraissait encore plus petite par rapport à son mystérieux sauveur qui mesurait plus de deux mètres, elle chercha la force de parler.


- Attendez...

Sa voix était faible, et elle n'était pas sûre qu'il l'ai entendue. Mais pour l'instant elle était incapable de faire mieux. La fatigue, le froid, la peur, la surprise et un peu la faim qui l'avaient tiraillé et qui la tiraillaient encore l'empêchait de parler plus fort. Mais dans ce silence total, il avait du entendre, du moins elle l'espérait... Ne regardant même si il était encore là, car elle se serait sentie bête de parler à une créature à l'air si animal, elle poursuivit :

- Je ne sais pas qui vous êtes, ni même ce que vous êtes mais vous m'avez sauvé la vie... Merci...

L'émotion la coupa à nouveau mais quoi de plus normal après ce qu'elle venait de vivre ? Elle se demandait comment le remercier, que pouvait-elle lui offrir alors qu'elle n'avait presque rien et qu'elle lui devait tout, ou du moins la chose la plus importante qu'elle possédait, ce qui revenait au même. Ne sachant que dire d'autre elle finit par se présenter brièvement, toujours affalée à terre et fixant le sol.

- Je ne sais pas si vous le savez mais je suis une elfe. Je m'appelle Kliériane.

Après ceci elle se tut, attendant une réaction de celui qui l'avait sauvé et qui était peut être déjà parti à ce moment là sans qu'elle ne le sache.

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MessageSujet: Re: Inconscience, danger et sauvetage dans les marécages [PV Númendil Daïrïun]   Lun 10 Jan - 20:57

Númendil n'avait put s'empêcher de sourire en voyant la surprise se peindre sur les traits de la jeune fille en l'entendant parler. Ce n'était que le vague signe d'un fugace amusement qui ne dura que le temps d'un battement de cil, mais au moins quelque chose qui prouvait une part de son humanité intacte. L'amusement... Souvenir lointain qu'il n'avait pas souvent l'occasion de retrouver tant la vie dans la forêt était rude et rarement une partie de plaisir. Oh certes, il est agréable et plaisant de galoper dans d'immenses paysages, de partir des vallées, des plages, mais de là à en rire ou ne serait-ce qu'à en sourire... Mais il n'attendait aucune réponse, pas même un signe et s'en était allé. Pas bien loin malgré tout. Du moins pas assez pour ne pas entendre l'appel presque murmuré de la jeune elfe. Un autre ne l'autre sûrement pas entendu tant la voix était basse, à la limite du chuchotis. Mais il ne pouvait néanmoins pas l'ignorait et faire comme si de rien n'était.
Il se retourna et fixa la demoiselle sur le sol, qui semblait à bout de force. Cela ne l'empêcha pas pour autant d'enchaîner, certes toujours aussi doucement, sur une phrase qui surpris Númendil, peu habituer depuis quelques années à un quelconque signe de reconnaissance. Cela aurait amusé sa famille de le voir aussi étonné face à un simple "merci" qu'il avait toujours pris comme une sorte de dû dans une lointaine époque. Mais les temps changent, et avec lui les personnes et les caractères. Il n'était maintenant qu'une pauvre âme solitaire et vagabonde qui évitait tant que possible les sociétés bien ordonnées qu'il avait connu et qui finalement, vu de loin, ne lui paraissait plus si parfaite que ce qu'il avait imaginé. Cet isolement dans lequel il vivait le fit hésiter face à une telle situation. Il avait là une jeune elfe qui avait besoin d'aide et qu'il ne pouvait pas laisser là à la merci des autres créatures qui n'étaient guère aussi sympathiques et ne l'auraient pas aider pour les mêmes raisons que lui, mais d'un autre côté, il cherchait la discrétion et à s'échapper le plus vite possible malgré son instinct chevaleresque qui lui dictait de voler à son secours. Il s'était promis d'aider son prochain pour réparer ses erreurs et faire oublier ce qu'il avait autrefois fait, pour lui-même tirer un trait là-dessus. Mais là, face à cette situation, il ne pouvait s'empêcher de douter, d'hésiter... Que devait-il faire ? Etait-ce une bonne chose que d'entrer dans la conversation, de faire connaissance, ou s'agirait-il d'une erreur ? Il ne pouvait le savoir à l'avance, et ce fut cette incertitude qui le poussa à revenir sur ses pas. Après tout, que risquait-il à prendre plaisir à quelques insignifiants bavardages ?
Il fit demi-tour et s'approcha de la demoiselle qui n'avait pas attendu la fin de ses interrogations et hésitations pour continuer. Heureusement qu'il les oreilles qui "traînaient " un peu et qu'il avait néanmoins entendu ce qu'elle avait dit. Elle s'était présentée, et il appris ainsi qu'elle se nommait Kliériane. Le nom ne fut pas mentionné et il préféra cela, pas besoin de faire dans l'officiel et au moins comme ça, il ne saurait pas si il l'avait connu avant et cela ne le dérangeait pas le moins du monde. Il lui tendis une large patte pour l'aider à se relever et enchaîna les présentations :

-Númendil, pour vous servir. Enchanté de faire votre connaissance damoiselle Kliériane, bien que les circonstances ne soient pas les plus agréables pour une rencontre.

Il continua ensuite sur sa lancée pour éclairer les zones d'ombres qu'elle avait mentionné et ces nombreux "je ne sais pas " qui avaient été dit :

-Sur le fait que vous soyez une elfe, je l'avais aisément deviné, ne vous inquiétez pas pour cela. Et oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, il fut un temps où je les ait côtoyé et j'ai même vécu avec eux, un certain temps du moins. Quant à ce que je suis moi, et bien à cela je répondrais que je suis comme vous, un simple habitant de l'île de Revia.

Il avait dit cela avec un ton chaleureux, qui devait paraître assez comique ou plutôt surprenant avec son physique de monstre déchiqueteur de viande, mais il avait tout de même préféré laisser la dernière partie le concernant dans l'ombre et dans le doute, il n'allait pas étaler sa vie et ses problèmes à la première elfe, et surtout inconnue, qui croisait sa route. On n'oublie pas ses bonnes résolutions comme cela, la prudence est de mise. Même si il ne pensait pas craindre grand chose, du moins pour l'instant, vu l'état d'épuisement dans lequel la jeune elfe se trouvait. Mais malheureusement, les secrets ne sont des secrets que si ils sont gardés, et si l'on ne peut être certain d'avoir assez confiance en la personne qui nous fait face, alors autant les converser pour soi. Et, ne connaissant, et encore le mot est fort, la demoiselle que depuis quelques minutes, il ne s'imaginait pas lui raconter ses malheurs d'une façon aussi désinvolte. Elle avait beau avoir eut la délicatesse de ne pas fuir en courant, sûrement grâce ou à cause de sa fatigue, ou ne serait-ce que de faire quelques vocalises en le voyant, cela n'empêcher pas Númendil de conserver en lui son histoire.
Il plaça juste devant elle et s'assit dans une position si semblable à celle d'un animal que pendant un moment, on n'eut plus que la fugace impression de voir ce qu'il semblait vraiment être, une bête sans pitié, même c'est yeux semblèrent moins humains pendant une courte seconde. Mais cela passa rapidement et c'est un regard empli de sympathie et de bonnes intentions qu'il posa sur Kliériane.


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MessageSujet: Re: Inconscience, danger et sauvetage dans les marécages [PV Númendil Daïrïun]   Jeu 20 Jan - 15:12

Le silence. Après les paroles de Kliériane c'était le silence qui qui lui avait répondu. Plus un bruit, elle ne regardait pas mais son mystérieux sauveur à l'apparence animale et au langage humain était sûrement déjà parti, la laissant tout de même seule dans ce marécage. A l'idée qu'elle venait d'effleurer la mort et que malgré un sauvetage inattendu elle était loin d'être sortie de danger, des larmes commencèrent à couler sur ces joues, pas beaucoup, discrètes mais tout de même présentes. Elle devait récupérer des forces pour quitter cet endroit sans se ré-enfoncer dans ces sables qui l'effrayaient, maintenant qu'elle connaissait leur existence, mais surtout, éviter les bêtes sauvages qui pourraient profiter de sa position actuelle de faiblesse. Tout son esprit lui criait qu'elle aurait du retenir l'étrange animal mais comment aurait-elle bien pu faire ? Comment une elfe frêle pourrait retenir un montre de muscles ? De toute manière, il était trop tard désormais, il était parti...

Après un temps qui parut être une éternité à l'elfe toujours en détresse, un bruit de pas lui fit relever la tête. Devant elle se trouvait à nouveau son mystérieux sauveur. Il avait du l'entendre, en tous cas, il était revenu, elle n'était plus toute seule et même si elle n'était pas sûre que sa présence doive la rassurer, elle l'était tout de même un peu.
Elle était toujours assise par terre, et lui debout devant elle, immense, majestueux, effrayant... Un paradoxe à lui tout seul. Un sauveteur à l'apparence d'agresseur. Et continuant l’enchaînement d'actes étonnant de sa part, l'animal tendit une de ses immenses pattes pleine de poils et de griffes presque aussi longues que les avants-bras de Kliériane. Cette patte à la hauteur de ses yeux, dire que Kliériane n'était pas très rassurée était loin de la vérité, elle était vraiment effrayée même si elle se doutait maintenant qu'il ne lui voulait pas de mal. Et c'est cette intuition profonde qui lui fit une nouvelle fois accepter l'aide proposer. Elle mit sa main qui paraissait si petite à coté de le la patte au creux de cette dernière. Lorsque leurs deux peaux de rencontrèrent Kliériane ne put s'empêcher de frissonner, la sensation était trop étrange. Un poil indescriptible mais surtout cette sensation de chaleur, l'étranger était bouillant. Il l'aida à se relever, enfin, il la souleva plus qu'autre chose, elle était encore trop faible pour fournir le moindre effort. Une fois debout, elle sentait ses jambes se désister sous elle. Elle avait besoin d'un appris et était encore incapable de tenir seule debout, elle se permit donc de ne pas lâcher l'individu qui l'avait aidé et s’agrippa à lui afin de ne pas tomber. Lorsqu'elle aurait récupérer le minimum d'énergie dont elle avait besoin pour la magie ce serait bien plus rapide, un coup de mot sindarien et la magie de la terre suffirait à lui rendre toute la santé dont elle avait besoin.
lors qu'il la relevait, son étrange sauveteur se présenta enfin. Il s'appelait Numendil, un nom qui paraissait quelque peu familier à Kliériane, comme si elle l'avait déjà entendu dans son passé, mais il n'était pas associé à un élément assez marquant pour que la jeune fille se rappelle plus que ce simple sentiment de déjà vu, ou plutôt, dans ce cas là, déjà entendu. Il fut très charmant dans sa présentation, évoquant cette drôle de rencontre comme s'étant faite dans des circonstances tout sauf agréables, chose que la jeune fille ne pouvait évidemment pas nier. Mais surtout, il l'appela "damoiselle Kliériane". Personne ne l'avait jamais appelée comme ça. Kliériane, Klié parfois, ou mademoiselle dans les boutiques mais jamais damoiselle Kliériane. Cette nouvelle rencontre était vraiment de plus en plus étrange. Et les choses ne faisaient que commencer car Numendil ne s'arréta pas là, il continua à parler.


-Sur le fait que vous soyez une elfe, je l'avais aisément deviné, ne vous inquiétez pas pour cela. Et oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, il fut un temps où je les ait côtoyé et j'ai même vécu avec eux, un certain temps du moins. Quant à ce que je suis moi, et bien à cela je répondrais que je suis comme vous, un simple habitant de l'île de Revia.

Le fait qu'il ai vécu parmi les elfes choqua quelque peu la jeune fille mais surtout éclaira une zone d'ombre. Cette révélation vint compléter le vague souvenir qui avait surgit lors de l'évocation de son nom. Numendil, c'était le le prénom d'un elfe qui avait disparu à peu près à l'époque où elle était arrivée sur l'île des elfes. Mais à ce moment là Kliériane était petite et son déménagement l'avait bien assez chamboulée pour qu'elle s'intéresse à une telle histoire donc elle ne savait rien de lui si ce n'est qu'il avait été porté disparu et que sa mort avait sans doute été présumée. Numendil était sans doute cet elfe, tout devenait de plus en plus étrange. Pourtant en disant ça il avait presque l'air heureux, comme si son changement de statut lui avait apporté quelque chose de positif, même si la jeune fille avait vraiment du mal à imaginer cela.
Alors qu'il finissait de parler, Numendil finit par s’asseoir, avait-il remarqué que tenir debout était un effort de tous les instants pour Kliériane ? Elle l'ignorait mais en le voyant faire elle eut cependant un sourire de remerciement et se rassit à son tour. Elle le quitta alors un instant des yeux ce qui fit qu'elle ne remarqua pas l'instinct bestial qui traversa celui de l'animal et qui disparu aussitôt. Après les révélations qu'il lui avait faite, la jeune fille ne savait plus trop comment réagir. Elle n'osait pas lui demander si il était bel et bien l'elfe qui avait disparu il y avait de cela presque dix ans, à une ou deux années près, la mémoire de Kliériane n'était pas plus précise, et pourtant elle en mourait d'envie. Et cette envie faisait qu'elle n'avait pas d'autre idée de ce qu'elle pouvait bien lui dire. Pourtant, il s'était assit, ce devait être une preuve qu'il acceptait sa présence et même la conversation... Finalement, à court d'idée elle posa la question qui semblait la plus logique dans ce genre de situation, pour peu qu'il y ai une logique pour ces situations.


- Vous viviez avec les elfes... Nous sommes pourtant connus pour vivre entre nous. Est ce que... Est-ce que vous avez été... un elfe ? Que... que vous est-il arrivé ?

Elle bafouilla un peu, mais elle avait peur de le vexer ou de remémorer de mauvais souvenirs avec sa question. Cette rencontre commençait tout juste et il n'était pas dur de prévoir qu'elle serait pleine de surprises.

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MessageSujet: Re: Inconscience, danger et sauvetage dans les marécages [PV Númendil Daïrïun]   Jeu 20 Jan - 21:18

La demoiselle avait accepté son aide et s'était assise près de lui de façon la plus naturelle du monde, comme si converser en compagnie d'une bête de deux mètres de haut était la chose la plus normale et banale qu'il pouvait exister dans ce bas monde. Cela, au-delà de surprendre Númendil, lui fit on ne peut plus plaisir. Il était ravi comme il ne l'avait pas était depuis bien des années. Depuis combien de temps n'avait-il pu parler avec quelqu'un ? Depuis combien de temps n'avait-il pu ne serai-ce que partager un simple regard, un sourire, quelques mots ? Tellement longtemps, trop longtemps... Cela remontait si loin, que c'en était comme nouveau, comme si à force de fuir et d'être fuit, il avait perdu des réflexes pourtant évidents, même à un enfant de trois ans. Il était aussi démuni en conversation et relation qu'un nouveau-né, et cela ne lui paraissait guère encourageant pour la suite. Et pourtant, il y avait une lueur d'espoir dans ce sombre tableau. La jeune Kliériane, semblait être des plus chaleureuse et des plus sympathique, et le malaise du jeune "homme" diminua, en telle compagnie, il n'avait pas peur de faire quelques erreurs, il pensait qu'elle n'était pas du genre à se formaliser là-dessus et cela le rassurait grandement. Ou du moins, le rassura pendant un temps.
Il ne s'en était point rendu compte, mais sa phrase sur sa connaissance des elfes en avait trop révélé, plus qu'il ne le désirait. Et visiblement, même affaiblie, son interlocutrice était des plus perspicace et réfléchie et elle avait fait rapidement un lien. Évidement que les elfes ne vivaient qu'entre eux !! Comment avait-il pu être aussi bête pour omettre une telle chose ? L'espace d'une seconde, il se dit qu'il avait fait une énorme erreur ce matin en venant par ici, et en la sauvant, même si cela était indéniablement une bonne action. Mais cette pensée disparue aussi rapidement qu'elle s'était formée. C'était entièrement sa faute et non celle de la demoiselle... Peu habitué à communiquer avec des elfes ou tout autre être humain, il n'avait point fait attention à ses mots et s'était laissé emporter par le flot de la conversation tout juste débutée. Il s'en voulait... Cacher son passé, cacher ce qui lui était arrivé, une promesse faite dès le début, une promesse qu'il n'avait jamais brisée... Pourquoi commencer aujourd'hui ? Il n'avait pas besoin de répondre, elle n'avait pas besoin de savoir. A quoi cela lui servirai si ce n'est à le fuir encore davantage ? Qu'y gagnerait-il ? Et surtout combien y perdrait-il ?
Le tête baissée, les yeux fixant le sol, sa voix résonna fort après quelques minutes d'un pesant silence :

- Vous êtes drôlement intelligente damoiselle... J'ignore comment vous avez deviné une partie de l'histoire, mais pour le reste vous devrez vous contentez de vos simples suppositions, certaines... choses ne se disent pas et je ne suis pas prêt à vous dire celles que j'ai vécu. Les secrets ne sont des secrets que si on les gardent pour soi-même... Désolé, mais je n'en dirait pas plus.

Dans sa voix avait vibré une colère clairement identifiable et tout juste voilée. Mais celle-ci n'était pas dirigée contre la jeune elfe. Elle était pour lui-même. Lui incapable depuis le début et qui pensant s'être arrangé se rendait soudainement compte que les espoirs sont vains. Il avait envie de fuir, quitte à la laissé planté là, même si cela ne se faisait pas. Il ne fallait pas prendre de risque d'en dire davantage. Et puis, de toute façon, si il partait, elle ne pourrait pas le rattraper... Mais garderait-elle ce qu'elle avait deviné pour elle ou irait-elle le crier sur tout les toits ? Si jamais sa famille l'apprenait...Qu'ils le retrouvaient... Il avait tellement honte de ce qu'il avait fait auparavant, de ce qui lui avait été infligé comme punition. Il valait mieux qu'on le croit mort dans son peuple, au moins comme ça, il ne faisait plus de mal à qui que ce soit. Il n'était qu'un disparu parmi tant d'autres...
Il poussa une sorte de gros soupir de désespoir et plongea son triste regard animal dans les yeux de la jeune elfe :

-Puis-je compter sur vous pour ne rien dire de ce que vous avez devinez ? Je vous en serez grandement reconnaissant, demandez-moi ce que vous voulez en échange, je le ferais, mais je vous en pris, ne dîtes rien à personne.

Sa physionomie devait affreusement jurer avec ses paroles dîtes sur un ton presque de supplique. Elle ne devait accepter de se taire, il le fallait !!


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MessageSujet: Re: Inconscience, danger et sauvetage dans les marécages [PV Númendil Daïrïun]   Mer 9 Mar - 17:28

Elle avait osé, elle avait enfin osé poser la question qui lui permettrait d'assouvir sa curiosité naissante au sujet de cet étrange personnage qui était assis à ses côtés. Elle avait osé, et elle s'en étonnait elle-même. Certes sa voix avait flanché sur la fin et elle avait bégayé mais la question qu'elle avait posée était sans équivoques. Maintenant qu'elle avait demandé à Nùmendil s'il avait été un elfe et surtout ce qui lui était arrivé, elle se demandait si elle avait bien fait. Elle n'était plus sûre de vouloir connaitre la réponse à cette question mais désormais il était trop tard, le mal était fait, l’abcès était crevé.
Il ne répondait pas, un silence lourd subsista quelques minutes après que Kliériane ai posé la question si fatidique. Le temps paraissait long à la jeune elfe mais elle n'osait pas briser ce silence de plomb qu'elle avait engendré à cause de sa fichue curiosité. Elle avait beau le regarder, le regard de l'animal restait fixé sur le sol comme s'il cherchait à disparaître dans ces marais pour ne pas avoir à répondre à la question si embarrassante. Devant la situation qui ne bougeait pas la jeune fille s'apprêtait à dire à son interlocuteur qu'il n'était pas obligé de répondre et qu'ils pouvaient changer de sujet de conversation si il préférait mais c'est cet instant que choisi sa nouvelle connaissance pour prendre la parole d'une voix qui n'avait plus rien d'amical. Son apparence bestiale reprenait le dessus sur l'humanité qui semblait l'emplir, sa voix était à la limite du grognement et fit frissonner Kliériane. Elle le savait qu'elle n'aurait jamais du demander cela mais elle n'en n'avait fait qu'à sa tête, agissant sans réfléchir et elle allait sans doute le regretter...
Raison ! Elle avait eu raison en présumant que Nùmendil avait été un elfe, il venait lui même de lui avouer. C'était d'ailleurs bien la seule chose qu'il lui avoua, pour le reste, il refusait d'en parler. Il refusait d'expliquer ce qui lui était arriver et le ton qu'il employait ne poussait pas à insister, loin de là. Kliériane était terrifiée. Pour la troisième fois en moins d'une heure elle voyait sa dernière heure venir, mais n'était ce pas normale lorsqu'on entendait la voix une bête de plus de deux mètres de haut vibrer de colère à la suite d'une de vos question ? Elle ne voyait pas ses yeux à lui, mais ils auraient craché des éclairs qu'elle n'en aurait presque pas été surprise; ses yeux à elle brillaient de terreur. Elle regrettait plus que tout d'avoir demandé cela, elle regrettait d'avoir démasqué la véritable identité de ce qui lui faisait face. Mais quelques instants auparavant ils semblait si gentil que rien, rien au monde n'aurait laissé penser qu'à ce même instant il serait pris d'une si vive colère.
A ce moment, le seul souhait de Kliériane était de se trouver ailleurs, de fuir ce endroit et sa rencontre qui semblait alors si menaçante mais elle savait bien que ce n'était même pas la peine. Elle ressentait toujours la fatigue en elle et tenter de se lever pour fuir aurait été toute aussi ridicule qu'inefficace. La seule solution qui lui restait était d'affronter la colère de la montagne de muscles et de poils qui lui faisait face. Cette rencontre venait de commencer mais là, elle désirait qu'elle cesse le plus rapidement possible, il fallait vraiment qu'elle reprenne des forces, et vite ! Pour cela, il n'y avait pas des tas de méthodes, et elle n'en avait qu'une seule en tête... Cela fonctionnerait-il ? Elle en doutait mais la peur qu'elle ressentait lui ordonnait de tout faire pour pouvoir partir. Le jeune elfe se concentra, inspira discrètement puis murmura pour elle même :


- Ambar !

Son mot sindarien. Le mot qui lui permettait de contrôler sa magie, la puissante magie de la terre. Grace à elle, elle pourrait retrouver toute son énergie en quelques secondes mais cela était trop beau pour fonctionner. Elle n'avait pas encore assez d'énergie pour solliciter ses pouvoirs et sa demande restait vaine. Elle devrait encore attendre, passer du temps avec Nùmendil qui était si menaçant de pas son apparence. Avait-il entendu cette requête de la dernière chance à ses pouvoirs elfiques ? Elle l'ignorait mais maintenant qu'elle y pensait, elle redoutait à nouveau sa réaction. Il semblait quelque peu calmé mais son brusque accès de colère quelques instants auparavant lui interdisait de relâcher son attention. Qu'allait-il faire si il comprenait qu'elle cherchait un moyen de s'échapper ? Elle préférait ne pas y penser...
Alors qu'elle était en pleine réflexion, un bruyant soupire de désespoir se fit entendre et la surprit. Elle releva brusquement les yeux et croisa le regard de Nùmendil. Un regard triste qui ne cadrait à nouveau pas avec son apparence globale. Un regard qui émut Kliériane, choquée par ce brusque changement d'attitude, et fit à nouveau baisser les gardes de la jeune femme. Mais encore plus que ce regard, ce fut le ton de sa voix et les paroles qu'il prononça qui la surprirent le plus.


-Puis-je compter sur vous pour ne rien dire de ce que vous avez devinez ? Je vous en serez grandement reconnaissant, demandez-moi ce que vous voulez en échange, je le ferais, mais je vous en pris, ne dîtes rien à personne.

Elle ne rêvait pas, le grand prédateur qui une minute avant était dans une rage effrayante était désormais en train de la supplier de ne rein révéler de ce qu'elle avait découvert. Elle, petite elfe frêle et fragile, semblait représenter une menace pour cet animal effrayant. Sa surprise n'aurait guère pu être plus grande... Il lui proposait ce qu'elle voulait, mais que pouvait-elle désirer maintenant qu'elle s'était à nouveau sorti de la tête l'idée qu'il allait la dévorer en trois bouchées ? Après avoir attendu quelques instants, trop sous le choc pour répondre, Kliériane reprit petit à petit ses esprits. Les deux grands yeux suppliants la fixait toujours, la mettant mal à l'aise. Elle se sentait être une tyran pour pouvoir effrayer une personne comme Nùmendil et elle détestait cette idée. C'est d'une voix quelque peu hésitante qu'elle répondit à son interlocuteur, elle ne savait pas trop quoi dire mais elle devait parler, cette situation devait cesser !

- Je vous en prie... Arrêtez de me regarder comme cela, je vous promets que je ne répéterai à personne ce que je viens de découvrir, pourquoi le ferais-je d'ailleurs ?

C'était bien vrai cela, à quoi cela lui servirait de crier sur les toits qu'elle avait rencontré un elfe transformé en monstrueux animal ? Elle même n'en tirerait aucun profit et le pauvre Nùmendil, comme s'il n'était pas déjà assez accablé par son apparence, se ferait sans doute traquer. Kliériane n'avait rien d'une ambitieuse en recherche de gloire et de renommée, raconter cette aventure dans le seul but d'attirer l'attention sur elle ne lui correspondait pas, mais alors pas du tout...

- Pour ce qui est de comment j'ai découvert votre véritable nature... Ce n'était pas très difficile, les elfes ne se mélangent pas aux autres races et il aurait été fort étonnant que quelqu'un ayant votre apparence ait pu vivre parmi eux, parmi nous... En plus, lorsque je suis arrivée sur l’île des elfes, il y a environ dix ans de cela, on recherchait un elfe qui avait disparu. Il portait votre nom et j'ai donc fais le rapprochement. Cela n'a pas grand chose à voir avec de l'intelligence, j'ai juste relié les faits entre eux...

Une explication, c'est tout ce qu'elle avait à donner, elle ne savait vraiment pas quoi dire d'autre et espérait que cela ne réveillerait pas de mauvais souvenirs chez Nùmendil et à nouveau sa colère.
A cet instant, elle avait oublié sa tentative manquée de fuite et même si elle avait à présent assez d'énergie pour utiliser sa magie, elle ne comptait plus fuir, uniquement si le besoin s'en faisait à nouveau ressentir mais là, il semblait calme.

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MessageSujet: Re: Inconscience, danger et sauvetage dans les marécages [PV Númendil Daïrïun]   Mar 15 Mar - 17:07

La jeune elfe sembla gêné par les dernières paroles de Númendil, tout autant que par le regard qu'il lui lança. Un regard où se mêlé désespoir et doutes. Et dans celui de Kliériane, il vit l'éclat de la pitié. Elle ne dirait rien sur lui, elle comprenait et le plaignait, ou du moins elle en donnait l'impression. Cette compassion le touchait beaucoup. Jamais cela ne lui avait été destiné, même du temps où il était encore un elfe. On l'enviait, on l'aimais ou on le détestait, mais jamais jusqu'à présent il n'avait inspiré de la pitié. D'un certain côté, cela le mettait mal à l'aise, ce genre de sentiments ne sont pas toujours sympathiques, mais d'un autre côté, cela le rassurait quant au silence de l'elfe.
Il inclina légèrement la tête en signe de remerciement quand elle confirma ce qu'il pensait, elle ne parlerait pas. Il fut d'autant plus soulagé qu'elle paraissait être des plus sincère. Il avait de la chance d'être "tombé" sur quelqu'un comme elle, d'honnête et compréhensive. D'autres n'auraient sûrement pas hésiter à le blesser, autant physiquement que mentalement. Et même si il avait vaguement perçu la tentative de fuite de la demoiselle, il savait que cela découlait de sa soudaine et violente saute d'humeur. La colère d'un monstre comme lui devait l'avoir effrayé, et cela était parfaitement compréhensible, d'où cette envie de fuir. Il devait arriver à contrôler ses humeurs et à se calmer histoire de ne pas la terroriser une bonne fois pour toute. Le fait qu'il lui ait sauvé la vie n'atténuait en rien le fait qu'il se comportait mal.

- Pour ce qui est de comment j'ai découvert votre véritable nature... Ce n'était pas très difficile, les elfes ne se mélangent pas aux autres races et il aurait été fort étonnant que quelqu'un ayant votre apparence ait pu vivre parmi eux, parmi nous... En plus, lorsque je suis arrivée sur l’île des elfes, il y a environ dix ans de cela, on recherchait un elfe qui avait disparu. Il portait votre nom et j'ai donc fais le rapprochement. Cela n'a pas grand chose à voir avec de l'intelligence, j'ai juste relié les faits entre eux...

Un silence suivit la déclaration de l'elfe. Númendil avait bloqué sur une phrase. Les siens l'avaient vraiment cherché ? Ils avaient vraiment voulu retrouver ce coureur de jupons qu'il était ? Lui qui avait terni le nom de sa famille, qui avait était la pire descendance imaginable. Des elfes s'étaient inquiétés pour lui au point de vouloir le voir revenir ? Il n'osait y croire. Depuis le temps, il s'était imaginé que c'était préférable pour les autres qu'il ait disparu, qu'il soit comme mort. Hormis au tout début de sa vie d'animal, il n'avait pas même imaginé que le chagrin puisse lui être destiné, pas même par sa famille, pas après tout ce qu'il leur avait fait subir.
La fin des paroles, il les entendu du coup à peine, elles étaient comme lointaines et n'avait été pour lui qu'un vague son tant ses pensées étaient occupées ailleurs. Mais il lui fallait néanmoins répondre pour ne pas que la conversation stagne.
Reprenant un ton aimable où toute colère avait déserté, il enchaîna avec une tentative plus au moins convaincante de sourire :

-Je persiste à penser que tous n'auraient pas fait le lien aussi rapidement que vous, surtout que cela remonte à longtemps. Néanmoins je saurais dorénavant qu'il me faut changer de nom pour me présenter si je veux rester discret. J'aurais dut faire plus attention avec vous mais l'erreur est faite et il est trop tard pour la rattraper et j'ai confiance en vous quand vous dîtes que vous ne révèlerez rien. Je vous en suis sincèrement reconnaissant.

Il tenait aussi à préciser, malgré sa colère, il savait se contrôler et elle ne devait pas avoir peur qu'il la ... tue, rien que l'idée le répugnait. Il ajouta donc :

-Et vous savez, je ne suis pas du genre à tuer d'un simple excès de rage, j'ai de l'expérience derrière moi et je sais me retenir, je ne le fait que pour me nourrir, mon corps n'étant pas prévu pour manger de l'herbe... De plus, je pense que même si je le voulais, je serais incapable de m'attaquer à un elfe, sauf pour me défendre et à ce que je sache, vous ne m'avait pas menacer ... Vous n'avez donc pas besoin de fuir, sauf si bien sûr vous êtes attendu quelque part.

On sentait un léger reproche dans la dernière phrase, il avait cherché à le voilait mais même si il comprenait l'attitude de Kliériane, il ne pouvait cacher que cela lui déplaisait. Mais il fit comme si de rien n'était et poursuivi par un question cette fois :

-Vous semblez bien distante des elfes, les votre en somme. Ils sont d'ailleurs réfugiés en ce moment même sur l'île qui porte leur nom... Le fait que vous vous trouviez m'intrigue. Pouvez-vous m'éclairer là-dessus ou est-ce trop personnel ??

[Désolé du temps de réponse ...]
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MessageSujet: Re: Inconscience, danger et sauvetage dans les marécages [PV Númendil Daïrïun]   Sam 14 Mai - 22:19

Elle lui avait promis de ne révéler le secret de son identité à personne, de ne pas révéler le peu qu'elle avait appris sur lui, ou plutôt le peu qu'elle avait deviné sur lui, et bien qu'elle n'ai pas hésité un seul instant avant de le promettre, le signe de remerciement qu'il lui adressa lui prouva qu'elle avait fait le bon choix. Le soulagement se voyait dans les yeux de l'animal et cela marquait un contraste étonnant par rapport à son apparence. Il semblait alors que malgré ce corps sauvage, c'était un être fragile qui faisait face à la jeune elfe. Maintenant qu'elle était rassurée et à nouveau en pleine possession de ses pouvoirs la question se serait presque posée duquel des deux était en position de supériorité. Physiquement elle ne faisait pas le poids mais elle avait un avantage psychologique sur lui puisque sa sécurité dépendait d'elle. Pour chasser cette sensation de supériorité qui ne lui plaisait pas Kliériane s'empressa de s'expliquer sur la manière dont elle était parvenue à la conclusion qu'il avait été un elfe. Cette simple succession de faits qui lui avait semblé si logique malgré le peu d'informations qu'il lui avait fournis et qu'il qualifiait d'intelligence...
A nouveau, la réaction de la créature face aux paroles de l'elfe fut étonnante. Après les remerciements c'était la surprise qui primait désormais dans le regard de Nùmendil, une surprise que Kliériane ne comprenait pas. Elle avait fait son apparition lorsqu'elle avait évoqué la recherche de l'elfe disparu qui portait son prénom, des recherches qui lui étaient bel et bien destinées. Mais pourquoi était-il surpris qu'on le recherche ? N'est-ce pas tout ce qu'il y a de plus naturel quand une personne disparaît ? Décidément les réactions de cet ancien elfe étaient vraiment très étranges et attisaient la curiosité de la jeune femme. Elle avait fini de parler mais elle mourait d'envie de le questionner sur la raison de cet étonnement. Pourtant, quelque chose l'en empêchait, peut-être était-ce la récente colère de son interlocuteur et les paroles qu'il avait prononcées à ce moment là. Il tenait à garder sa vie secrète et son passé mystérieux, encore des éléments poussant au questionnement. Mais malgré son envie, Kliériane garda le silence et attendit que l'animal reprenne la parole, ce qu'il fit après quelques instants avec une tentative de sourire figée sur les babines. Un sourire lui aussi assez étrange mais que l'elfe ne parvenait pas à déchiffrer.
Lorsqu'il reprit la parole il se contenta de la complimenter à nouveau sur la manière dont elle avait fait le lien entre les éléments et de se fustiger de ne pas avoir fait attention à ce détail et donc de s'être fait reconnaître. A nouveau il la remercia d'accepter de se taire, à nouveau il l'a mit mal à l'aise en lui donnant l'impression qu'elle avait un pouvoir sur lui. Heureusement après cela il changea rapidement de registre, s'excusant encore de sa colère passée.


-Et vous savez, je ne suis pas du genre à tuer d'un simple excès de rage, j'ai de l'expérience derrière moi et je sais me retenir, je ne le fait que pour me nourrir, mon corps n'étant pas prévu pour manger de l'herbe... De plus, je pense que même si je le voulais, je serais incapable de m'attaquer à un elfe, sauf pour me défendre et à ce que je sache, vous ne m'avez pas menacé ... Vous n'avez donc pas besoin de fuir, sauf si bien sûr vous êtes attendu quelque part.

Pourquoi avait-il enchaîné sur ces excuses et ces explications ? Kliériane se le demandait mais elle se doutait qu'il avait du remarquer son mal-être pendant ses remerciements et qu'il les avait sans doute attribués au fait qu'elle ai toujours peur de lui. Si elle avait peur il était donc logique qu'elle accepte de se taire, qu'elle ne le contredise pas. Mais il n'en était rien. Bien au contraire, ces explications eurent même le mérite de la faire rire. Le ton aimable jurait tellement avec l'évocation de son régime alimentaire que la jeune elfe ne pu réfréner un rire cristallin mais surtout sincère. Après cette réaction il ne devrait plus douter de la raison de sa promesse de silence. Mais pour être sûre qu'il ai bien comprit, elle ajouta :

- Je ne doute pas que vous ne voulez pas me tuer, je pense que vous l'auriez déjà fait si c'était le cas, vous ne m'auriez sans doute même pas sortie de ce marécage. Pourquoi vous seriez-vous mis en danger pour sauver quelqu'un à qui vous destiniez tout de même la mort ?

Une question purement rhétorique et qui, elle l'espérait, lui assurerait que malgré son apparence effrayante elle avait comprit qu'il tenait plus du gros nounours que de l'horrible monstre poilu. Elle voulait lui montrer qu'elle ne le jugeait pas, et qu'elle ne jugerait pas non plus ce qu'il accepterait de lui raconter de sa vie. Par contre, elle ne réagit pas à la proposition qu'il lui faisait de partir si elle était attendue quelque part. Elle n'avait nulle part où aller et pas vraiment envie d'y penser car c'était bien à cause de cela qu'elle avait atterri dans ce marais qui avait bien failli lui coûter la vie. De plus, on sentait très clairement une tension dans cette dernière phrase, comme si, malgré le fait qu'il comprenne qu'elle veuille partir, il n'en n'avait pas vraiment envie. Peut-être était-ce pour cette raison qu'il ne réagit pas à son manque de réponse et qu'il poursuivit sur une remarque tout à fait pertinente, elle-même suivie d'une question.
Nùmendil s'interrogeait sur sa relation avec les autres elfes. Pourquoi était-elle loin d'eux et de leur île protectrice ? Il la trouvait distante de son peuple, et s'interrogeait sur la raison de sa présence dans ce marais. C'est avec un sourire timide et après instant d'hésitation qu'elle se décida enfin à répondre :


- Je ne suis attendue nul part, toute ma famille se trouve en effet sur l'île des elfes mais ce n'est pas parce que je me trouve ici que je suis distante d'eux. Je diffère juste sur quelques points, la raison principale de ma présence sur l'île principale est que j'ai toujours rêvé de rencontrer des humains, ils m'intriguent. Je suis peut-être juste un peu plus ouverte aux nouveautés que les anciennes générations elfiques.

Il n'y avait rien de très personnel dans ce qu'elle venait de répondre mais ignorant la position de Nùmendil par rapport aux nouveaux arrivants de l'île cela pouvait tout de même être une révélation risquée.
Forte de ce qu'elle venait de raconter, et se sentant plus ou moins en confiance puisqu'elle faisait abstraction du physique de son interlocuteur, elle se risqua à l'interroger sur la surprise qu'elle avait remarqué précédemment dans ses yeux. Sa voix se faisait à nouveau plus timide mais elle ne baissa pas le regard.


- Vous me dites éloignée des elfes mais que dire de vous ? La simple évocation du fait qu'ils se soient souciés de votre disparition a semblé vous étonner. Votre histoire est plus complexe qu'une simple transformation physique, n'est-ce pas ?

Elle était prête à assumer les conséquences de son indiscrétion et de sa curiosité.

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MessageSujet: Re: Inconscience, danger et sauvetage dans les marécages [PV Númendil Daïrïun]   Mar 31 Mai - 17:12

Un rire, voilà ce qui suivit les paroles de Númendil. Un son cristallin, si doux, si inattendu, qu'il déclencha en lui une soudaine vague de nostalgie. Depuis quand n'avait-il pas ouï une telle mélodie, si douce, si agréable à ses oreilles ? Ce fut comme si une infime partie de son côté elfique se réveillait au fond de lui, comme si d'entendre tout simplement cette cristalline musique, il se rapprochait un peu plus de qu'il avait été. Était-ce réellement possible ? Ce sentiment pouvait-il contenir un part de réalité ? Cela pouvait-il être ne serais-ce qu'un tout petit peu vrai ? Il l'espérait tant ! Souvent il en avait rêvé... Mais comment un simple rire pouvait être à l'origine de cette étrange impression ? Cela paraissait tellement improbable, il ne se faisait que des illusions, il devait arrêter de s'imaginer de telles absurdités, de telles inepties ! Ce n'est pas en rêvant que l'on avance.
Secouant la tête pour chasser ses mauvaises pensées, il écouta les paroles de la jeune Kliériane. Elle n'avait pas tort quand elle disait que si il avait voulu vraiment la manger, il l'aurait sûrement déjà fait. Le reste de la phrase lui tira un vague sourire et il se retint de répliquer que pour dévorer quelqu'un, cela est plus pratique quand la personne est hors d'une zone de sable mouvant, et qu'elle ne s'enfonce pas d'un millimètre pas secondes. Cela serait une perte de viande conséquente et il n'y aurait finalement pas tellement d'intérêt, Alors, autant sauver la personne pendant un temps, pour mieux la croquer en suivant ! Mais si il avait dit cela comme ça, il n'était pas sûr que la jeune elfe apprécierait l'humour et ne fuit en courant, ce qu'il préférait éviter. Il se contenta donc d'un sourire plus éclatant, légèrement inquiétant aussi bien que ce n'était pas l'intention, et d'un vague signe de tête de dénégation quelque peu ironique. Mais il avait compris le message que Kliériane avait voulu lui faire passer. Elle ne le jugeait pas et n'avait aucuns aprioris. Cela lui fit plaisir et le soulagea tout autant que quand elle avait promis de se taire.

La conversation en vint aux raisons de la solitude en ces lieux de la demoiselle. Ainsi elle cherchait les humains. Hum... elle s'était visiblement bien égarée car il n'y avait aucun humain dans les environs, et à priori, aucuns d'entre eux n'était venu jusqu'ici. Ce qui était normal pour toute personne se retrouvant devant un immense marécage aux milles dangers... Enfin, pour en revenir aux nouveaux venus sur l'île, il ne voyait pas trop en quoi ils pouvaient l'intéresser, ni quels intérêts il pouvait y avoir à leur arrivée. La dernière fois qu'ils étaient venus sur l'île, n'avaient-ils pas été la cause de la mort de nombreux elfes. C'était bien eux qui étaient devenus les actuels vampires,non ?? Númendil ne reprochait rien aux humains, tant que cela ne se passait pas comme il y a des années. Il irait bien les voir lui aussi, juste pour se faire une idée sur ce qu'ils étaient réellement, sans avoir à ce fier à ce que les autres disaient, mais si ils ne connaissaient pas même les elfes ... son apparence risquait de les terroriser. Ou pire, de les faire l'attaquer, et il paraît qu'ils ont facilement tendances à vouloir se battre. Il ne pourrait donc pas aller leur rendre visite de sitôt... Il aurait peut-être l'occasion plus tard, on ne sait jamais.
Mais Kliériane ne laissa pas le temps à Númendil de répondre. Elle lui retourna en quelque sorte la question quand à son éloignement des elfes autant physiquement que mentalement. Cela le mis étrangement mal à l'aise. Il ne tenait pas à raconter sa vie avec davantage de détails, il n'avait même jamais rien dévoilé jusqu'ici. La jeune elfe devait être la personne qui jusqu'à présent, en savait autant sur lui, ce qui ne faisait pas grand chose finalement. En d’autres circonstances, il se serait énervé, aurait grondé puis serait partit pour qu'on oublie son existence. Là, étonnamment, il n'avait pas envie de fuir, mais avait-il pour autant envie de lui raconter sa pénible vie ? Il n'en était pas certain. Les blessures du passé n'étaient pas encore cicatrisées et restaient douloureuses... Pourquoi rouvrir les plaies ? La jeune elfe était curieuse, il la comprenait, elle ne pensait pas à mal en lui demandant cela, juste à satisfaire un avide intérêt...
Dans un geste très humain, Númendil baissa la tête comme un enfant pris en faute et avec une gêne évidente il se passa une patte derrière le crâne, cherchant comment expliquer de façon simple, rapide et efficace. Il avait choisit de parler, mais pas pour autant de s'étendre sur le sujet, plus qu'épineux.
Il se racla inutilement la gorge puis d'une voix assez lente et cherchant ses mots, il raconta :

-Je n'ai pas toujours était un... une bonne patte va-t-on dire. J'ai autrefois fait des ...choses, des mauvaises choses, dont je ne suis pas fier. Mais à l'époque j'étais trop aveugle pour me rendre compte que je blessais tout ce que j'approchais. J'étais arrogant, imbu de ma petite personne... Le monde tournait autour de moi. J'étais...détestable en résumé. Ma famille n'a eut cesse de me prévenir mais à chaque fois j'ai ignoré leurs conseils, leurs alertes. Je les ait ignorés eux.

Il fit une pause dans son récit. Une pause douloureuse. Il reprenait pleinement conscience de ce qu'il avait fait subir aux siens. Eux qui avaient toujours espéré qu'il reviendrait sur le droit chemin. Il avait honte de ce qu'il avait fait, honte de lui.
Cherchant dans une grande inspiration le courage nécessaire pour continuer, il reprit la parole :

-Un jour, j'étais seul en forêt, aux alentours du cercle de pierre. Je venais de me disputer avec mon frère qui ne supportait plus mon comportement et était venu m'ouvrir les yeux sur la honte que j'attirais sur ma famille. Une fois encore, je ne l'avais pas écouté... J'étais en plein cœur du Cercle quand un ...bourdonnement s'est levé. D'abord léger puis de plus en plus insoutenable...Je me souviens d'avoir entendu une voix puis ensuite, le noir... Rien. Je me suis réveillé quelques heures plus tard sous cette ... apparence, incapable savoir qui l'avait fait et de comprendre pourquoi... Je ne comprenais décidément pas grand chose à cette époque...

Pâle tentative d'humour qui clôtura son pathétique récit.
La tête basse, les yeux clos, il voyait dans son esprit défiler toutes ces personnes qui appartenaient à son passé. Il se souvenait des jeunes elfes qu'il charmait, des sages dont il riait, de sa famille qu'il reniait chaque jours un peu plus. De la douleur dans le regard de sa mère, la peine dans celui de son père et la colère dans les yeux de son frère. Il se dégoutait !! Il se haïssait !! Tant de vies qu'il avait souillées, abimées, voir détruites. Comment pouvait-on vouloir partir à sa recherche ?


-Comment les miens pourraient encore vouloir de moi ...?

Il avait murmuré pour lui-même, sans aucunes intentions de dire cela, il avait pensé à voix haute mais ne semblait même pas s'en être rendu compte tant ses souvenirs l'assaillaient. Kliériane aurait très bien pu être partie, il ne l'aurait pas vu. Il n'aurait rien vu...
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MessageSujet: Re: Inconscience, danger et sauvetage dans les marécages [PV Númendil Daïrïun]   Mer 15 Juin - 12:07

Elle avait osé demandé ! Malgré la colère passée de son interlocuteur Kliériane avait enfin tenté de satisfaire sa curiosité en posant cette question à Nùmendil. Certes sa question ne poussait pas aux confidences, elle ne voulait pas qu'il se sente obligé de parler, bien au contraire, elle avait simplement demandé si son histoire était plus compliquée qu'une simple transformation physique. Pour la jeune elfe la réponse était clairement oui, elle n'avait aucun doute à ce sujet, elle ignorait tout mais instinctivement elle savait. Cependant, elle lui avait demandé, ne se contentant pas de ses certitudes personnelles, et maintenant elle allait devoir attendre qu'il réponde...
Au départ, seul un silence gêné répondit à sa question puis l'animal toujours aussi mal à l'aise, baissa la tête et se gratta l'arrière du crâne. Ses yeux fuyaient vers le sol, ne pouvant alors voir le regard compatissant et le sourire encourageant que Kliériane lui adressait. Elle ne faisait aucun bruit, attendant qu'il soit capable de répondre quelque chose à cette interrogation qui ne demandait pourtant qu'une simple approbation. Après ces quelques instants d'attente Nùmendil s'éclaircit enfin la gorge et commença lentement à répondre.
Dès les premiers mots la jeune elfe comprit qu'il ne se contenterait pas d'un simple oui ou non mais que c'était bel et bien on histoire qu'il s'apprêtait à lui raconter. Pourquoi une telle confiance si soudaine ? Elle se le demandait mais ne l'interrompit pas pour autant. Si il avait décidé de parler elle le laisserait faire, ça ne pouvait pas faire de mal de se confier un peu, surtout pour un individu visiblement plus habitué à la solitude et à intérioriser ses problèmes. Il commençait tout juste à se confier, sans doute pour l'une des premières fois de son existence mais il en vint très rapidement à l'essentiel... Comme Kliériane l'avait deviné son histoire n'était pas simple. A première vue sa vie elfique n'avait pas été des plus calmes, bien au contraire. Selon ses propres dires il avait été une personne détestable qui blessait son entourage malgré les mises en garde de ses proches. Que faisait-il exactement pour être si invivable ? Il ne le précisa pas mais il n'en n'était nul besoin. Là déjà il en disait beaucoup plus que ce qu'elle avait voulu savoir, elle n'allait surtout pas l'interrompre pour lui demander des détails. Cela aurait été le comble de la curiosité mais surtout de l'impolitesse même si il s'était arrêté de lui même. En effet, l'animal avait stoppé son récit. Etait-ce une pause ou simplement la fin de ce qu'il voulait partager ? Kliériane doutait mais elle prit le parti de ne rien dire afin qu'il puisse continuer si il le souhaitait, et c'est d'ailleurs ce qu'il fit.
Lorsqu'il reprit la parole ce fut pour narrer sa transformation, un évènement réellement étrange aux yeux de la jeune fille. A qui appartenait cette voix qu'il avait entendue ? Qui possédait une magie assez grande pour transformer un elfe qui est déjà une créature magique en un tel monstre ? L'idée qu'une telle personne existe avait de quoi glacer le sang de l'elfe innocente... Mais à cet instant elle n'y pensa presque pas, son attention étant entièrement reporter sur son interlocuteur qui s'était à nouveau tu après ses révélations. Il semblait s'en vouloir de n'avoir rien compris à l'époque et Kliériane ne savait que dire pour tenter de le réconforter. A ce moment elle aussi s'en voulait de l'avoir poussé aux confidences. Si elle ne lui avait pas demandé, jamais il n'aurait parlé de cette rencontre, jamais cette tristesse ne serait ressortie. Car dans les yeux de la bête et dans son attitude, sa posture, Kliériane pouvait aisément voir de la tristesse, du dégoût de soi, des sentiments dont elle se sentait tout à coup responsable... Elle voulait s'excuser mais elle n'y parvenait pas. S'excuser de quoi d'ailleurs ? D'avoir posé une question à laquelle il avait répondu que trop longuement ? S'excusée d'être présente là et de par cette présence l'obliger à parler ?
Il ne la regardait pas, il semblait presque avoir oublié sa présence et rien, si ce n'est sa conscience, ne l'empêchait de fuir cette tristesse qu'elle avait provoqué indirectement. Elle cherchait désespérément quelque chose à dire, quelque chose à répondre mais ne trouvait pas ses mots. Fort heureusement pour elle, Nùmendil parla à nouveau...


-Comment les miens pourraient encore vouloir de moi ...?

Elle était loin d'être sûre qu'il ai voulu dire cela à voix haute mais cette phrase était l'occasion pour elle de répondre quelque chose. Il était triste et elle s’attristait de l'avoir rendu triste, désormais elle voulait tout faire pour l'aider... A moins qu'il ne la repousse clairement et définitivement, elle serait là pour lui si il avait besoin d'aide. Kliériane était philanthrope, si elle se sentait coupable auprès de quelqu'un, elle faisait tout ce qui était en son pouvoir pour réparer sa faute. Même si dans ce cas la tristesse de son interlocuteur disparaîtrait sans doute assez rapidement, elle serait prête à l'aider quelque soit ce qu'il lui demande, surtout qu'elle commençait à apprécier et à s'attacher à cette étrange créature. A cet instant, le moins qu'elle pouvait faire pour lui était d'essayer de lui remonter le moral et de lui transmettre un peu de sa confiance en l'avenir. Avant leur rencontre elle se sentait elle-même assez déprimée mais le fait que quelqu'un ai besoin d'aide lui faisait oublier ses propres problèmes et c'est donc d'une voix douce et qui se voulait pleine d'espoirs qu'elle répondit.

- Ils vous ont recherché, je vous l'assure... J'étais encore jeune et ne m'y suis pas réellement intéressée mais je sais que votre disparition les a affecté. Quelques soient les choses que vous ayez pu faire ils restent votre famille et même si ce n'est qu'une infime part de ce que vous étiez, ils vous aimaient forcément et ils vous aiment encore...

Des paroles qu'elle voulait rassurantes mais surtout des paroles dont elle était convaincue. Pour elle qui malgré sa légère timidité ne voit presque que le bon côté des gens, la rendant souvent trop naïve, il est impossible que la famille de Nùmendil le rejette. Na sachant pas réellement ce qu'il avait été alors qu'il était encore un elfe et ne voyant que ce caractère visiblement gentil elle ne comprenait pas qu'il puisse penser qu'on le rejetterait. Certes son apparence était peu avenante mais rien ne certifiait qu'elle était définitive. Peut-être même que si l'ancien elfe faisait la paix avec son passé et renouait avec lui il pourrait redevenir ce qu'il était... Dans l'esprit de la jeune fille naïve des tas d'idées naissaient, des tas d'idées qu'elle allait partager avec celui qu'elles concernaient...

- Rien ne vous assure qu'ils ne veulent plus de vous, après tant d'années d'absence et de disparition sans doute seraient-ils heureux de vous savoir vivant. La peur que l'on éprouve à la disparition d'une personne fait bien souvent s’effacer les rancœurs. Votre famille serait sans doute prête à oublier les anciennes querelles pour vous revoir ou même vous savoir vivant... Avez-vous essayé de reprendre contact avant de décider qu'ils ne voulaient plus de vous ?

La dernière question de Kliériane ne fut sans doute pas très agréable à entendre pour celui à qui elle s'adressait mais elle voulait le faire réagir. D'expérience elle savait que pour faire fuir la tristesse il n'y avait rien de tel que de provoquer un petit peu la personne triste. Cependant dans cette condition cela restait un pari risqué puise que la partie concernée mesurait plus de deux mètres pour plus d'une centaine de kilos de muscles...

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MessageSujet: Re: Inconscience, danger et sauvetage dans les marécages [PV Númendil Daïrïun]   Dim 19 Juin - 20:31

Les premières paroles de Kliériane rebondirent sur la carapace de solitude de Númendil. Il les entendit sans leur prêter attention, sans les comprendre. Ces paroles auraient pourtant pu le rassure, le faire avoir une meilleur opinion de son avenir et de son passé. Mais non, muré dans sa douleur il ne chercha même pas à savoir ce qu'elle avait bien pu dire. A quoi bon ? Pour lui, il n'y avait plus qu'une certitude pour l'instant, il souffrait. Il souffrait atrocement. Pourquoi avait-il donc parlé ? Pourquoi s'était-il emballé à ce point, ne racontant que trop précisément son histoire. Elle lui avait demandé oui ou non, il n'avait répondu que trop longuement. Résultat ? Maintenant il s'en voulait et comprenait pourquoi, pendant tant d'années, il avait gardé le silence, pourquoi il avait cherché à passer à autre chose, à oublier, à perdre tout espoir de retour. Chaque paroles qu'il avait dîtes, chaque souvenirs qui revenaient, étaient comme une lame qui allait et revenait dans une blessure. Une blessure qu'il avait cru soignée, cicatrisée et qui, maintenant qu'il découvrait qu'elle n'était que endormie, le faisait souffrir le martyr.
Les griffes de ses pattes avants étaient sorties et labouraient le sol meuble avec acharnement, comme si ne pouvant laisser court à sa douleur il cherchait à la calmer, à s'en débarrasser par ce simple geste. Son yeux les regardaient fixement, observant faire comme si cela était d'un très grand intérêt.
Númendil aurait donné n'importe quoi pour revenir en arrière et pour ne pas être venu ici. Quoique, réflexion faite,venir ici néanmoins et se contenter de sauver la jeune elfe avant de la planter là, une fois certain qu'elle en risque plus rien. Évitant ainsi questions et réponses embarrassantes. Pourquoi ne l'avait-il pas fait quand il était encore temps ? Pourquoi avait-il seulement hésité ? Pourquoi avait-il seulement espéré ?
Après un silence relativement court, Kliériane parla à nouveau. Et ses paroles firent à
Númendil l'effet d'un électrochoc. Il fit un bond en arrière avant d'avoir un nouveau mouvement de recul mais plus lent, plus réfléchit. Il fixa la jeune elfe avec un air à la fois complètement ahuri et légèrement agacé. Une infime part de lui avait envie de lui demander en quoi cela la regarder, et qui était-elle pour lui faire la morale.Que sa curiosité était déplacé qu'elle n'avait déjà rien à lui demander puisqu'il l'avait sauvé et que c'était à lui de poser les questions. Mais en y réfléchissant, il était déjà trop tard pour cela. Et il se demandait surtout si elle disait cela sérieusement. Si elle envisageait cela comme si elle y croyait réellement, comme si elle ne rigolait pas ? Et visiblement, c'était le cas. Elle était folle !! Il n'y avait pas d'autres solutions !! L'avait-elle bien regardé ? L'avait-elle seulement bien écouté ? Ou s'était-elle contenté de hocher la tête comme une parfaite idiote? Elle se moquait de lui ? C'était une blague !! Une très mauvaise blague, certes, mais une blague !! Elle ne pouvait décemment pas envisager une telle ineptie !!
Un grognement réellement agacé échappa à
Númendil sans qu'il ne cherche à le retenir, montrant bien à la jeune elfe qu'elle avait dépassé les limites. Un grognement que finalement il regretta. Mais cet infime sentiment de regret ne faisait pas le poids face à la colère qui soudain bouillonnait en lui. Une rage qui vibrait dans chacun des mots qu'il lança dans son agacement :

-Vos oreilles sont-elles sourdes ?! Vos yeux sont-ils donc aveugles ?! Ou bien vous moquez-vous de moi ?!

Incapable de contenir sa colère en restant sur place, et cherchant néanmoins à la calmer malgré les apparences, il se leva et entreprit de marcher pour tenter de s'apaiser. Allant et venant d'un pas rageur et destructeur tant sa patte se posait avec force sur le sol, il ne put se taire et continua sa tirade, d'une voix qui commençait par un son semblable à un rugissement :

-Regardez-moi !! Regardez-moi bien !! Qui voudrait d'un monstre comme fils ?! Qui ?! Personne !! Comment voulez-vous que je les retrouve si la seule chose que j'ai à leur offrir en pardon est cette... horreur d'apparence !! Comment voulez-vous qu'ils puissent oublier le passé si ce passé est ce qui aujourd'hui me fait être de la sorte !! Que me diront-ils ? Que je l'ai bien cherché ? Que je mérite ma punition ? Vous ne croyez pas que je le sais déjà ? Que vivre comme ça n'est déjà pas assez éprouvant ? Vous croyez qu'ils m’accueilleraient à bras ouvert comme le retour du fils prodigue ? Et les autres elfes que croyez-vous qu'ils feront ? Tirer un trait sur le passé ? Ils ont des comptes à régler avec la détestable personne que je suis. Je n'irais leur pas faciliter cette tâche en apparaissant comme cela devant eux !! Vous croyez que ma vie sera plus paisible là-bas, avec toutes ces personnes à qui j'ai laissé un cuisant souvenir ? Vous croyez sincèrement qu'une seule personne là-bas puisse être heureuse de mon retour ? Mais vous vous leurrez complètement !! Alors gardez vos conseils !! Et qui êtes-vous pour en donner sur des personnes que vous ne connaissez même pas? Vous ne pouvez pas prétendre me connaître, et ma famille encore moins !! Alors ne cherchez pas un rôle qui n'est pas le votre !! Laissez à ceux que l'histoire concerne décider de faire à leur envie !! Surtout si c'est pour lâcher de telles choses sans même réfléchir !! Comment pouvez-vous dire de telles...paroles devant moi ? Vous ne tenez pas à la vie ?! Si ce n'est que cela, il fallait le dire, je vous aurez laissé dans les sables mouvants, j'aurais eut moins de soucis après !!


Emporté par sa colère,
Númendil ne se rendait pas compte que ses paroles pouvaient être blessantes, très blessantes. La première personne qui lui tendait la main, il la rejetait. Il se serait bien traité d'idiot mais il été encore trop aveuglé par la rage pour pouvoir se remettre en cause. Il ne pensait bien sûr pas tout ce qu'il disait mais il était trop tard. Il avait vidé son sac et risquait de le regretter.
Aller, retour. Accompagné d'un grognement sans interruption. Grognement qui venait du fond de la gorge. Du fond de son être ... De toute sa colère.
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MessageSujet: Re: Inconscience, danger et sauvetage dans les marécages [PV Númendil Daïrïun]   Dim 26 Juin - 10:48

Le récit de ses souvenirs douloureux semblait vraiment avoir été un calvaire pour Nùmendil. Il avait fini de raconter son histoire et semblait se battre intérieurement contre lui-même, contre ce qu'il avait été et qu'il avait préféré évoquer très rapidement sans s'étendre dans des détails. Cependant, d'après sa réaction actuelle Kliériane ne pouvait que ce douter que son ancien lui était quelqu'un de peu fréquentable et qu'il regrettait amèrement. Peut-être même était-ce à cause de cette ancienne personnalité qu'il avait cette apparence désormais. Toujours était-il que son désarrois était plus qu'apparent en ces instants de révélation : l'être bestial torturé torturait à son tour le sol meuble qui l'entourait. Toutes griffes dehors il enfonçait ses pattes dans la terre humide, y laissant des trous ressemblant étrangement à des plaies béantes. Cette réaction était-elle une réaction de colère ? La jeune elfe en doutait, préférant y voir de la détresse, quelque chose contre lequel elle pourrait peut-être l'aider car elle ne se leurrait pas, si la colère prenait réellement le dessus sur la personne qui lui faisait face, elle ne pourrait rien faire pour lui et serait contrainte d'attendre qu'il se calme. C'est donc en toute connaissance de cause qu'elle lui avait parlé.
Ses première paroles, porteuse de calme et d'espoirs, du moins elle le pensait, n'eurent aucun effet sur celui à qui elles étaient destinées. Il semblerait qu'il ne les ait pas entendue ou alors qu'il les ait ignorée et son comportement ne changea pas. Il déchiquetait toujours la terre de ses griffes puissantes sur lesquelles Kliériane essayait de ne pas porter son regard afin d'éviter de s'effrayer. Elle savait qu'une personnalité animale somnolait en Nùmendil mais elle évitait d'y penser car cette existence avait réellement quelque chose d'effrayant. En faisant abstraction de cette réalité il était bien plus simple de l'aider et d'être sûre de ce qu'elle affirmait.
Ses secondes paroles avaient été plus dures que les premières malgré toute la douceur qu'elle avait tenter d'y insuffler en parallèle de ces propos provoquants mais elles eurent le mérite de réussir leur effet. Elles avaient pour but de faire réagir l'ancien elfe et ce fut une réussite totale même si la réaction n'était pas vraiment celle attendue. En effet, à l'entente des questions de Kliériane et des vérités qu'elle lui avançait, un vent de colère s'insuffla en Nùmendil. Cela se voyait dans ses yeux et il ne tarda pas à pousser un grognement de désapprobation. Ses paroles aussi étaient prononcées d'une voix emplie de colère.


-Vos oreilles sont-elles sourdes ?! Vos yeux sont-ils donc aveugles ?! Ou bien vous moquez-vous de moi ?!

Kliériane fut quelque peu blessée qu'il puisse penser qu'elle se moquait de lui alors que son seul but était de l'aider mais surmontant sa déception d'avoir manquer sa maladroite tentative de réconfort elle se dépêcha de répondre.

- Aucun des trois, je n'oserais...

Mais elle fut coupée. A nouveau la voix au ton bestiale retentit en une tirade peu agréable pour la jeune elfe aventureuse. Avec ces paroles il reniait tout ce qu'elle lui avait dit auparavant, il réfutait tout son argumentaire, il refusait de la croire. la voix était effrayante, les paroles dures et le personnage semblait avoir plus que jamais besoin d'aide derrière son masque de colère. Tout ce qu'il disait, toutes ses prédictions fondées uniquement sur la maigre estime qu'il avait de lui ne faisaient que contribuer un peu plus à cette dépréciation de lui même. Kliériane aurait voulu l'arrêter, lui faire comprendre qu'il ne savait pas plus qu'elle ce qui se passerait si il faisait son retour parmi les elfes, que le passé était le passé, qu'on ne pouvait rien y changer mais que l'avenir s'écrivait en fonction du présent. Elle voulait lui dire que rien ne l'obligeait à s'apitoyer sur son sort et qu'il pouvait se reprendre en main. En un mot elle voulait l'aider, mais il ne lui en laissait pas la possibilité...
Il en était même arrivé à la menacer, à lui reprocher sa présence et ses questions, ses idées soit-disant insensées. Elle voulait l'aider et il la rejetait, il la rejetait de la manière la plus violente qu'il soit puisqu'il la rejetait sans violence, uniquement avec des paroles. Il ne la regardait même pas, trop occupé à faire les cent pas et à massacrer la terre de la violence de ses griffes. A cet instant rien ne l'empêchait d'attaquer Kliériane qui était si petite, toujours assise à côté de ce monstre tournant en rond. Mais ce n'était pas la peur qui dominait les sentiments de la jeune fille à cet instant, c'était la déception. Certes elle était déçue de la réaction si négative de son interlocuteur mais elle était surtout déçue d'elle même. Elle était incapable d'aider une personne qui en avait vraiment besoin malgré toute sa bonne volonté... Face à cette réalité affligeante elle eut sans doute la réaction la plus puérile et la moins adaptée qu'elle aurait pu avoir : elle se leva et partit. En faisant cela elle prononça quelques mots d'une voix à peine perceptible tant sa voix était faible.


- Je suis désolée... Je voulais juste vous aider, moi je vous ai accepté, pourquoi pas les autres...

Ceci dit elle tourna le dos à l'animal et fit quelques pas dans l'idée de le laisser seul comme il le voulait selon ses dernières paroles. Cependant elle savait que ses paroles avaient sans doute été au delà de sa pensée. Un larme avait coulé dur sa joue, une seule larme qui signifiait sa défaite dans sa mission de réconfort mais surtout une larme qui l'arrêta. Immédiatement elle stoppa ses pas, se rendant compte qu'elle ne pouvait pas partir, elle ne pouvait pas le laisser là comme ça...
Elle ne revint pas vers lui, elle ne se retourna pas non plus vers lui, elle s'arrêta juste, restant immobile et incapable de partir plus loin.
Finalement elle s'y était attaché à cette boule de poils en détresse...

****************




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MessageSujet: Re: Inconscience, danger et sauvetage dans les marécages [PV Númendil Daïrïun]   Jeu 30 Juin - 14:40

La colère de Númendil était dévastatrice. Il aurait détruit tout ce qui lui serait tombé sous la main si un part de lui n'avait pas craint d'effrayer la jeune elfe. Une si infime part de lui que c'était à peine croyable qu'il ne fasse rien d'autre que de tourner en rond. Mais cela était déjà impressionnant en soit. Il ne se contenter pas d'aller et venir, on voyait aisément la rage tout juste contenue qui bouillonnait en lui. Elle s'était déversé avec acharnement sur Kliériane, quelque chose qu'il risquait de regretter amèrement une fois calmé. Mais il semblait que rien, rien n'aurait pu à ce moment là l’apaiser. Ses allers-venus faisaient penser à un véritable animal sauvage, enfermé dans une cage, prisonnier derrière des barreaux, qui montrait toute sa furie dans ses mouvements plein de brutalité et de bestialité. En réalité, la prison qui le piégeait, c'était lui qui l'avait bâtie, il s'était emprisonné dans un cage de colère qui cachait mal sa souffrance. Il avait forgé tout seul ce qui l'empêchait d'avancer, de se libérer.

- Je suis désolée... Je voulais juste vous aider, moi je vous ai accepté, pourquoi pas les autres...


Númendil tourna la tête dans sa marche. Son regard brillant de colère se vrilla sur la jeune Kliériane. Elle s'était levé et s'en allait. L'espace d'une seconde, sa rage se décupla, devenant incontrôlable. Il poussa un effrayant rugissement, faisant fuir les rares oiseaux qui nichaient dans les environs. Un seul instant, une seule seconde. Cela lui suffit pour porter un coup d'un violence inouïe sur l'arbre le plus proche. Le végétal eut mal, l'animal aussi. Du sang coula. Il n'en avait que faire. Il faisait face à pire. Sa fureur était retombée, s'était transformée, s'était métamorphosée, devenant un immense vide, un insurmontable désespoir. Il se sentait plus mal que jamais. La dureté de ses mots lui revenait à l'esprit et le faisait souffrir comme si chacun avaient été un poignard pénétrant sa chair. Un douleur physique aurait été bien plus douce à côté de cette torture mentale qu'il s'infligeait involontairement.
Il avait été injuste avec la jeune elfe, tellement mauvais, tellement cruel dans ses mots, normal qu'elle soit partie, étrange qu'elle ne l'ai pas fait plus tôt. Il se détestait, non, il se haïssait, et le mot était faible. Depuis quelques temps, il s'était cru meilleur, il espérait avoir changé. Piètre espoir qui l'avait un temps habité. Il n'était pas mieux qu'avant, si ce n'était pire. Il avait besoin d'aide depuis des années, il en avait toujours eut conscience et voilà qu'une personne e trouvait devant lui, prête à lui tendre la main, à l'accepter comme il était, qui ne le rejetait pas ... et c'était lui qui la rejetait, qui s'énerver, qui refusait son aide, qui la repoussait comme une mal propre. Lui, le monstre qui se permettait de rejeter la belle. L'inverse aurait été normal, mais dans ce sens là, c'était incroyable. A croire qu'il aimait sa douloureuse solitude.
Númendil s'était arrêté et assis devant l'arbre qui avait été sa victime. Il fixait d'un regard vide le sol. Il n'était pas le seul immobile. Dans son dos, plus de bruit de pas. Kliériane était-elle donc déjà loin ? Avait-elle donc fuit en courant au de-là de la portée de ses oreilles ? Il jeta un coup d’œil derrière lui. Elle était là. Plantée sur place à quelques mètres à peine. Il ne pouvait voir son visage, elle lui tournait le dos. Il ne comprenait pas, que faisait-elle encore là ? Pourquoi n'était-elle pas partie comme toute personne normale devant lui ? Elle aurait dû être loin déjà. Après ce qu'il venait de lui dire, ce qu'il venait de lui faire, c'était tellement surprenant qu'elle soit resté. Cela aurait été tellement facile qu'elle parte, jamais il n'aurait eut à la revoir, il aurait juste eut à oublier ses paroles, son secours et ses conseils. Cela aurait été tellement plus simple... Tellement plus faible et pitoyable.
Il eut une sorte de soupir mélangé avec un gémissement animal. Qu'était-il sensé faire ? S'excuser ? Mais en même temps elle l'avait cherché ! Elle lui avait dit des choses qu'il ne pouvait décemment pas accepté comme si de rien n'était. Oui, mais il n'avait pas à s'énerver comme cela. Il s'était emporté trop facilement. Et c'est lui qui avait été le plus blessant...
Il tourna la tête vers la jeune elfe. Elle n'avait pas bougé, aussi immobile qu'une statue.
Númendil se releva et doucement s'approcha de Kliériane. A moins d'un mètre d'elle, il eut une hésitation. Et si elle lui en voulait ? Et si elle ne voulait plus le voir et attendait qu'il parte lui ? Et si son arrêt était juste signe qu'elle ne voulait plus lui parler et non pas qu'il avait une autre chance ? Il ne le saurait qu'en lui demandant. Il fit encore deux pas et arriva près d'elle. D'une voix qu'il fit douce, il murmura :

-Je suis désolé... je... me suis emporté ...je... je m'excuse, je ne voulais pas...je suis désolé...

D'un regard en coin, il observa le visage de la jeune elfe. Il n'arrivait pas à déchiffrer son expression, mais il comprit la larme sur sa joue. Cela aussi c'était sa faute. Il fit alors quelque chose qu'il ne se serait jamais cru apte à faire. D'un geste lent empli d'une grande douceur, il tendit la main vers elle, et vers la larme qui avait glissé jusqu'au bas de son beau visage, traçant une ligne brillante sur sa joue. Avant que la perle salée ne se détache de la mâchoire et ne tombe sur le sol, il la récupéra avec délicatesse.

-Ne pleurez pas Damoiselle Kliériane...s'il vous plait...
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Inconscience, danger et sauvetage dans les marécages [PV Númendil Daïrïun]

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